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Marshall Jubilee 1987, la crème anglaise

Marshall Jubilee 1987 logo potards web

 

Jouant sur un Princeton Reverb et un Willow’s AM30 (style AC Vox, 4 EL84 / class A), le son Marshall me manquait. J’avais possédé un combo 6101 acheté neuf à sa sortie que j’avais revendu dix ans plus tard, en 2002 car il était vraiment trop lourd à déplacer. Mais par la suite , cet ampli avait fini par me manquer : j’aimais en particulier le crunch qu’il produisait.

Je me suis donc mis en quête d’en racheter un et, en faisant le tour des forums, j’ai découvert que le bougre pouvait avec l’âge poser quelques soucis de réparation : en cas de panne affectant sa carte MIDI, les pièces risquaient de devenir difficiles à trouver.

Voilà comment j’ai renoncé à racheter un 6101. Je me suis réorienté vers d’autres modèles, plus simples à dépanner, et mon choix s’est arrêté sur la série Silver Jubilee pour plusieurs raisons : le son produit par cette série tant en clair qu’en saturé, le master volume très efficace qui équipe tous le modèles et une électronique facilement réparable.

Parmi les modèles, j’ai opté pour un 50W qui sont tous débrayables en 25W. Parfait ! Et le petit gabarit du 2554 a fait le reste. J’admets tout de même que je n’aurais pas craché sur une tête 50W. Reste que la petite taille du 2554 est un réel atout quand il faut trimballer l’ampli de répet en concerts. S’il est très lourd (oui, très, très lourd et là j’ai retrouvé ce qui avait fini par me déplaire dans le 6101…), il reste quand même bien plus maniable que le 30th Anniversary.

Un super son…

Le 2554 sonne vraiment bien. Il dispose de deux canaux : un clair, un lead. Le clair est franchement surprenant pour du Marshall. Il sonne encore mieux que celui du 6101, dont c’était l’une des grandes qualités. C’est beau, facile à égaliser, car les potards sont très efficaces et réactifs. Le canal clair peut cependant devenir un canal boost dès lors qu’on active le pull/push de son potard volume. Le lead me fait, quant à lui, penser à ce que délivre le 1987 Superlead, mais en allant plus loin encore dans les grosses saturations.

Le 2554 est un Marshall hot-roddé. Grâce au master, on peut sans problème monter le volume des deux canaux à sa convenance, histoire de profiter de ce que la bête a dans le ventre et faire rugir ses EL34. Autre point super positif : l’ampli est équipé d’un HP de 12 pouces (un Celestion Vintage 30).

…Mais quelques inconvénients

Ces avantages ne doivent pas masquer quelques inconvénients. Le premier : les deux canaux partagent le même étage d’égalisation, ce qui oblige à faire des compromis en live. La solution consiste à s’adjoindre les services d’une pédale d’égalisation, voire d’un overdrive (j’utilise pour ma part une Fulltone OCD). En parlant de pédales d’effet, il est à noter que le 2554 dispose lui aussi d’une boucle d’effet qui peut rendre de bons et loyaux services sans dénaturer le son.

Passons au second inconvénient : il n’est pas simple d’équilibrer les volumes des deux canaux. Là aussi, il faut faire des compromis.

Ajoutons que les canaux peuvent être commandés par footswitch (pour ma part un Marshall 90003 sans led, donc). On ne peut hélas pas piloter le push/pull du canal 1 à distance. Ce qui aurait été bien pratique, en apportant une sorte de troisième canal.

Une chaussure à son pied

Cela étant dit, reste l’essentiel : il a un son extraordinaire, quel que soit le réglage, mais il ne l’exprime vraiment qu’au-delà de 5 aux potards volume (d’où l’intérêt du débrayage en 25W). Le 2554 est un grand et beau Marshall, même si la choke de la tête 50W a été remplacée sur le combo par une résistance. Ce sujet alimente des échanges nourris et enflammés sur tout un tas de forums. Pour moi, il n’a pas lieu d’être et me rappelle un autre sujet où les uns et les autres s’emportent tout autant : une lampe rectifieuse est-elle mieux qu’un pont de diodes ? J’ai les deux à la maison : le Princeton avec lampe rectifieuse, le Marshall et le Willow’s avec pont de diodes. Ils sonnent tous les trois aussi bien. C’est l’essentiel. Pour moi, seul le son compte et, là, le 2554 tient toutes ses promesses.

À ce stade, j’ai quand même, du fait de mes recherches sur Internet, un petit conseil à donner à ceux qui souhaiteraient acheter un Silver Jubilee : les plus recherchés ont été fabriqués sur le tard et leur numéro de série est supérieur à 3100. Marshall a en effet très vite fait évoluer son circuit électronique, pour tenir compte des premiers retours d’utilisateurs.

Sachez également que Marshall a poursuivi la production de la série 2550 en 1988 et 1989 mais en l’habillant du classique tolex noir. Ce sont d’aussi bons amplis. Le tolex gris bleuté n’a donc été réservée qu’à la série anniversaire produite uniquement en 1987. Les productions 88 et 89 ne s’appellent donc plus Jubilee, mais elles sonnent aussi bien, en embarquant un circuit Jubilee totalement abouti. Il y a eu par la suite, vers 1995, la série Slash conçue, quant à elle, à partir du circuit Jubilee.

Quant aux musiciens qui l’ont popularisé et dont le peuple d’internet cause tout le temps, sachons que John Frusciante utilise le Jubilee encore et toujours mais… pour ses sons clairs ! Il confie ses saturations à un Marshall Master des années 60, qui dépote (200W). Joe Bonamassa, s’il a beaucoup joué sur une tête Jubilee 100W, semble s’en être un peu détourné ces dernières années. C’est qu’il possède aussi d’autres très bons Marshall, mais surtout des Dumble et un Cesar Diaz, des amplis mythiques et intouchables pour le commun des zicos… Les Cesar Diaz (très rares, modèle CD-100) permettaient d’avoir un très beau crunch, une vraie saturation tout en étant typé Fender Twin. Preuve que le Graal serait toujours d’arriver à obtenir le meilleur des deux mondes, Marshall et Fender, dans un seul et même ampli. On peut néanmoins y arriver une bonne fois pour toute, pour finalement beaucoup moins cher, en associant un Marshall à un Fender : là, au moins, on est sûr de son coup.

Comment obtenir le meilleur des deux mondeS

Moi aussi, et ce n’est pas original, je rêvais d’avoir dans mon stack le son Marshall et le son Fender. J’y suis donc parvenu. La solution réside dans l’achat d’une pédale ABY pro. Pour ma part, j’ai acquis une Radial Twin-City (chère, mais top) qui offre plusieurs possibilités : le Princeton et le Jubilee joués ensemble ou l’un ou l’autre alternativement. La Radial route le signal de la guitare vers l’ampli de son choix ou vers les deux en même temps. Je peux donc empiler les sons des deux, tout en conservant bien sûr l’usage des footswtiches de chacun des amplis. Cela donne une palette très large de possibilités.

Conclusion

À l’arrivée, je ne remercierai donc jamais assez Marshall d’avoir équipé sa série Jubilee d’un master, car dans ma configuration, le Princeton ne délivre que 14W, mais quels watts ! Cela me permet d’équilibrer le volume des deux amplis qui, joués ensemble, me donnent l’effet le plus génial que l’on puisse obtenir : les deux mondes réunis. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les pros sont tous (ou presque) équipés d’une ABY professionnelle.

 

 

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